A la longue

12 décembre 2007

Sing, sing sing

J'ai les mains vides de tes désirs, faudrait qu'j'apprenne à te ret'nir,
j'sais pas aimer, tu sais mentir, qu'est-ce que j'ai fait pour tant souffrir ?
J'ai tout perdu avec mon âme, mes sentiments, toute ma folie,
j'ai tué l'temps à m'attacher, et toi tu viens tout écraser.
J'avais des rêves à plus finir, des horizons pour m'épanouir, j'avais un homme à chaque pied,
et au début t'étais flatté que j'sois à toi et à personne d'autre, pas question de m'partager.
Tu t'es lassé comme tout les autres, mais toi j't'ai même pas vu v'nir,
pas d'signe de tromperie d'aucune sorte, pas d'regard vide et d'mains tremblantes,
t'avais les yeux bruns si sincères, j'aurais pas pu croire à ta fuite, mais t'es parti et j'suis par terre.
J't'en veux même pas, j'comprends si bien, le besoin d'air je fais ça bien,
mais j'suis vexée dans mon honneur, c'était pas à toi d'prendre le train,
c'est moi qui quitte, c'est moi qui pleure, qui culpabilise et qui reviens,
c'était mon rôle, j'faisais ça bien, t'as encore tout foutu en l'air.

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Comme elle vient

Tu traînes tes pieds dans les ruelles, le vent te pousse mais tu t'en fous, t'as ton parapluie rose en bouclier, il se retourne ça t'fait marrer. Tu t'es perdu dans le marais comme un gamin dans un champ d'blé, t'aurais voulu crier mais les gens se s'raient retourné. T'as ton parapluie rose et ce drôle d'air du mec qui sait pas où il va, ni c'qu'il veut. La fille aux chaussures de cow-boy t'as lancé un d'ces regards, tu sais, celui qui dit je voudrais bien être ton amie, mais en moins niais. Mais toi tu t'en fous d'la fille, tu t'en fous de tout. Toi tu voudrais voir du pays et porter une ombrelle multicolore pour t'protéger du soleil, marcher pieds nus dans l'sable et avoir peur de t'faire mordre par un serpent, te cogner la tête contre un nid d'abeille dans un temple birman. Tu voudrais voir les autres mondes, les exotismes, voir qu'y a pas qu'à Paris qu'on trouve des gens vivants, agglutinés, beuglants, riants aussi. Tu voudrais voir le monde, et pourquoi pas à pieds ? Pourquoi pas maintenant, pousser le vent de ton parapluie rose, pousser jusqu'à te frayer un chemin, jusqu'à sortir du vent pour la neige ou le soleil, qu'importe. Partir maintenant toi et ton parapluie, et ton drôle d'air de mec paumé, partir errer dans l'monde entier sans réfléchir et sans prévenir. Juste parce qu'à force de r'pousser le moment où tu vas vivre, il risque de crever. Et toi avec.

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09 décembre 2007

Pictures of yourself

C'est pas en t'languissant sur les trottoirs, la langue pendante les cuisses ouvertes, en sniffant ta coke tous les soirs avec Bowie par la fenêtre, c'est pas en traînant sur les routes, le pied crasseux les g'noux crouteux, le regard fou le pouce tendu qu'tu trouveras c'que t'as perdu. C'est pas la vie que t'as rêvée finir cloîtrée dans un deux pièces, toujours l'même mec à droite dans l'lit et ses habits qu'envahissent la pièce. T'as plus d'espace à étouffer, il a cassé tous tes cds, même défoncé le canapé avec ses potes d'vant la télé. C'est pas qu't'aimes pas c'mec ordinaire, ou ses copains un peu bruyant, qui pillent toujours dans l'frigidaire et boivent leur bière en rigolant, au contraire ça t'fait bien rire leurs blagues grivoises et leurs sourires, mais t'es lassée de pas choisir c'que tu voudrais faire de ta vie. T'oses pas l'quitter, l'est si mignon quand il te r'garde tu peux que fondre, mais y a bien une solution, t'vas pas passer ta vie à te morfondre. Un jour viendra ça sera la f'nêtre, y a plus d'sortie de secours, aux deux extrêmes tu fais la fête, la vie t'as joué un mauvais tour. T'avais cru qu'la liberté tu l'avais si tu voulais, qu't'irais au bout des choses et qu'tu serais la plus heureuse. Mis de côté ton pessimisme, tu voulais plus voir ça en face, toi t'étais faite pour l'anarchisme, mais l'monde est dégueulasse. Il a voulu d'toi nulle part, t'étais trop folle, un peu à part, toutes tes envies t'suffisaient plus, t'étais vouée à être frustrée, même de baiser ça t'tentait plus, t'avais vraiment plus qu'à t'flinguer.

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03 décembre 2007

I want to ride my bicycle

Je m'apaise. Me calme. Je dois écrire cette nouvelle et trouver quelque chose à dire. Pourquoi je n'ai rien. Ai-je si peu vécu, si peu d'imagination ? J'trouverai bien un truc. J'écrirai cette nouvelle si j'ai pas perdu le p'tit papier qui indique tout.
J'ai envie de vivre. Bosser mes études, me donner à fond dans tout, dans l'rien aussi, qu'importe. Me donner à fond et ne rien r'gretter. J'ai envie qu'on me voit et qu'on se dise que j'suis vivante, émerveillée mais lucide, un peu fofolle et pas seulement sérieuse. J'suis pas studieuse, ni une bourge, ni une fashion parisienne. C'est tellement absurde d'penser ça de moi. Ca a beau avoir été qu'une personne, ça m'fait chier. Même si cette personne est conne. Non en fait ça m'fait pas chier, ça dépend. Parfois j'me vois dans la vitre du métro et j'me dis que je n'suis pas ce que j'aurais du. Que j'n'ai pas l'air de ce que je suis, plutôt. Mais c'que j'aime c'est quand j'me vois dans la vitre et que j'm'en fous. Royalement.
Demain j'suis plus en découvert, j'ai du fric, des envies, j'ai plein de devoirs, des partiels, des dossiers, et j'veux tout, ça m'dérange pas, me dépasser. J'veux me sentir. Tout court. Etre. Juste la vie. Demain j'irai voir Once et j'suis sûre que ça va encore plus me motiver. C'est toujours comme ça avec ce genre de films.

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01 décembre 2007

Cold winter

J'ai toujours peur de l'hiver parc'que c'est là qu'j'suis la moins vivante, ma sensibilité est au summum et les crises surviennent plus violentes encore qu'd'habitude. Tu m'diras, on f'ra pas plus violent que fin août. Enfin j'espère pas. Sinon ça s'ra la cassure assurée. J'aime pas l'hiver parc'que le doute s'installe avec l'engourdissement, et j'sais qu'ça passe, d'ailleurs c'est passé, mais ça m'fait mal au ventre, ça m'donne envie de pisser, ça m'vrille la tête et m'empêche de m'concentrer. C'est horrible. Horrible.
J'espère juste qu'ça reviendra pas avec les conversations d'l'autre. J'pourrai pas m'empêcher d'lui parler, y a tellement d'choses qui m'semblent identiques, non j'pourrais pas. Mais j'sais aussi qu'ça aurait pas pu coller de toute manière, m'faut bien quelqu'un de stable pour équilibrer tout ça, sinon ça pèterait tout l'temps. Ou devrais-je dire encore plus souvent. J'fais toujours la connerie d'confondre l'obsession avec l'amour, quand c'est un homme. Faut dire, pour d'autres gens qui visiteraient ma tête, y aurait pas photos, ils croiraient direct que c'est ça. Mais comme j'me connais, les nuances sont multiples. J'dois rester calme. D'ailleurs l'autre j'suis sûre que j'le harcèle. Enfin on dirait. J'sais plus. On verra bien, mais s'il pouvait être un ami, ça m'plairait, un super bon ami, à qui on dit tout sans même s'en rendre compte. Sans comprendre pourquoi.
Vraiment, m'éloigner d'ma chambre et d'ma solitude devant mon ordi, ça m'fait toujours du bien. Puis hier comme par hasard il se sentait vide et triste, moi qui m'disais qu'si j'avais pas d'nouvelles depuis la veille, c'est p't'être qu'il avait grillé quelque chose, que j'étais ailleurs, que j'doutais. Alors ça renforce l'amour la solitude de l'autre. J'voudrais jamais faire de mal à une mouche. S'éloigner du rapport trop proche et trop lointain d'msn et des mots à l'écrit, un paradoxe si grand qu'il donne des envies de coucher, d'aimer, n'importe qui, tout l'monde. J'dis pas que l'autre est n'importe qui, j'sais faire la différence, mais quand j'l'ai vu ça m'a pas fait ça. J'amplifie tout dans le vide de mes mots, des mots des autres qui s'entrechoquent aux miens.
Mais j'vais m'tenir mieux, tout ira bien, j'ai d'la volonté et je sais maintenant ce que j'ai choisi. L'évidence que j'suis bien avec B.

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29 novembre 2007

Spleen, pas idéal

Et voilà ! Tu viens d'me le dire le problème. J'avais oublié c'moment où tu m'avais dit qu't'avais toujours rêvé d'une amoureuse qui m'ressemblait. J'suis ton idéal type, et pas vice versa. C'est injuste. J'ai rien à t'reprocher, j'serais là avec toi j'suis sûre que j't'aimerais, mais t'es toujours loin et j'ai l'temps d'regarder partout ailleurs. Lu m'a dit fait pas d'conneries, fait pas d'conneries, pas d'regrets à avoir, j'ai rien fait qu'y fallait pas, d'ailleurs j'arrive pas à l'quitter, si c'est pas une preuve ça. J'm'étais juré de jamais recommencer après la fin août à Bordeaux. Pour plus souffrir autant. J'm'étais juré parce que j'avais ressenti au maximum c'qu'il était pour moi. Mais j'fantasme sur des gens pour qui l'amour c'pas ça. Ca m'rappelle que j'trouvais ça pathétique, avant, les niaiseries, que j'ai honte parfois d'aimer, qu'j'ose jamais parler de lui, parfois même j'dis "un copain m'a dit ça" alors que c'est B. J'dis pas mon copain parce que c'est moche, j'ai l'impression d'être niaise, de me vanter, peur qu'on se dise cette fille a un copain, pas possiiible, comme pour la moche à la fac. En plus j'ai rien pour occuper ma journée à fond et m'empêcher de divaguer. J'sais pas quoi faire. L'année prochaine il s'ra à Paris, j'pourrai plus harceler mes obsessions, il sera là, j'serai invivable.. Ou alors j'penserai à personne d'autre ? J'hésite entre vivement et j'veux pas. Putain.

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Tu lis sans fin des magasines où y a d'la joie

Y a des fois où je n'sais regarder que toi. Mais là, c'est pas ça, là, mon coeur, mon corps bondissent de désir pour n'importe quel mec dans l'métro ou dans la rue. Non pas n'importe lequel. Les mecs qui m'font dire, c'est drôle, j'aime pourtant des looks assez précis de mecs, et j'suis jamais sortie avec quelqu'un comme ça. Y a eu le plus tout jeune (l'aime pas qu'on l'traite de vieux), pas très grand, assez carré, cheveux à ras et barbe, look normal, y a aussi eu un grand échevelé, tout en féminité, s'habillait même chez Jennyfer, sentimentale et à la voix douce, y en a eu quelques uns des banals, des p'tits mecs normaux, et puis y a eu toi, costard cravate, du moins toujours chemise, accent du sud et manières un peu, parfois. T'es c'lui qu'est le moins éloigné de c'que j'aime, mais pourtant, rien à voir quand même. Moi j'ai toujours rêvé de dreads et de piercings, de crânes rasés et de looks punks, de looks et de regards qui respirent la folie et l'envie, j'ai toujours fantasmé sur les paumés, à m'en désespérer. J'ai fini par me résigner, m'dire que j'étais équilibrée, qu'ça collerait pas, et maintenant que j't'ai, que t'es mon équilibre, j'réalise que j'veux toujours balancer d'un côté ou de l'autre, que j'veux les extrêmes, que j'me sens pas bien, et qu'en même temps j'sais pas si j'me sentirais bien sans toi. J'crois pas. Mais ce soir j'me sens vide, j'pense à toi mais pas seulement, et ça m'tue. J'ai eu envie de me coller dans les bras de tellement de gens aujourd'hui. J'aurais parlé au mec au crâne rasé et pantalon mili, juste d'vant moi, si j'étais pas timide. J'me suis imaginée baiser avec lui dans les toilettes de la gare, en coup d'vent. Par besoin. Et j'me suis répétée tout haut moi aussi j'ai un démon, un démon. J'en tremblais et j'aurais bien chialé. J'ai eu Tu m'donnes le mal dans la tête toute la journée, aussi. Mon esprit arrive mieux à s'concentrer sur c'que j'ressens pour toi qu'hier ou avant hier, mais j'suis toujours paumée, il vagabonde toujours ailleurs, il fait aimant avec une fenêtre msn, mais j'retiens mes doigts d'cliquer, faut pas, faut pas. J'sais pas si j'survivrai toute la soirée. Tu m'donnes le mal. J'sais même pas à qui ça peut bien s'adresser, ça.
J'ai l'corps qui bout, faudra bien qu'ça cesse un jour. Toi aussi t'as la folie et on s'marre bien ensemble, on vit bien, mais y manque un putain de truc. J'l'ai déjà dit tant d'fois, j'suis pas faite pour m'engager, pour la fidelité, mais tu m'crois pas, on r'commence à chaque fois, à chaque fois j'ai envie d'y croire et ça s'passe bien, à chaque fois ça r'commence. Dommage que j'crois pas en dieu, j'aurais pu trouver un coupable, l'agonir pour m'avoir faite comme ça. Putain. On est c'qu'on veut être, mon cul. J'ai l'démon j'te dis.

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C'est quand qu'on va où ?

J'voudrais être saoûle à m'en crever et me jeter d'un pont.
Ce soir. Cette nuit.
Mais pour ça faudrait que j'sois à Paris. Pas chez mes parents. Qu'y ait d'l'alcool à portée de main.
J'voudrais ne plus pleurer pour rien, tout l'temps, pour tout, adieu les états d'âme, adieu toutes ces conneries.
J'voudrais qu'tu m'prennes par la main.. Non, j'voudrais que tout l'monde lâche mes mains, j'ai les mains sales, les mains sales, mes mains tripotent n'importe qui, elles vous aiment tous, mes mains voudraient se fourrer n'importe où, mes mains ne savent pas se fixer. J'voudrais que vous vous détourniez tous de moi et que vous partiez en courant. Etre seule jusqu'à la fin, pour faire souffrir personne. J'm'en fous d'avoir mal dans ma peau à vie, j'veux pas que tu t'attaches, tu comprends ? T'aurais pas du. J'peux plus te dire barre-toi tant qu'il en est encore temps, parce que c'est évident qu'c'est trop tard maintenant. On a tout raté, hein. T'es sûr qu'j'suis la femme de ta vie et moi j'suis sûre que j'suis bien dans tes bras, et pourtant on s'est lamentablement plantés, et on finira bien par l'admettre un jour où l'autre, ou alors jamais et on aura foutu nos courtes vies en l'air. En se mentant. En souffrant à l'idée de devoir se quitter à cause de l'attachement, de l'habitude.
J'veux pas foirer ma vie. J'veux pas t'envoyer paître. J'veux pas oublier ma fixette du moment. J'veux pas qu'il m'ignore. J'veux plus que tu sois niais. J'voudrais avoir ma tête pour moi toute seule et de comptes à rendre à personne.

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A la longue... VS Tu m'donnes le mal.

Mais qu'est c'que t'as à te frapper la tête contre les murs, et à crier comme ça, comme si t'accouchais d'un monstre ? T'es pas bien de t'attacher à des gens qu'tu connais même pas et à accepter de souffrir dans ton ventre, de le sentir se resserrer jusqu'à étouffer des larmes au bord des yeux parce qu'ils t'ont pas répondu comme tu voulais ? T'es complètement folle, ma fille ! Complètement FOLLE !
Aaaaaaaaah.
Ta gueule papa, ta gueule. Toutes les histoires s'emmêlent.
Il avait raison. Une baffe dans ta gueule. Je craque. Dans la rue j'marche et j'me dis que j'préfèrerais mourir, mourir plutôt que de passer ma vie à m'attacher à en crever, puis à me focaliser sur quelqu'un d'autre et recommencer. Mourir parce que j'me sens nulle, j'me sens laide et inutile et haïe, je vis que pour un petit mot de reconnaissance d'un presque plus inconnu qui m'a tapé dans l'oeil. Non même pas dans l'oeil ! C'est une question de feeling. Un truc du même genre que le coup de foudre, non ? J'sais pas. C'est même pas de l'amour, c'est juste un désir transcendant d'être aimée, d'être vue. Un truc qui te retourne le ventre et t'fais plâner, mais qui stresse aussi, à vouloir en vomir ou pisser tout l'temps. C'est un peu l'syndrôme de l'amour, en y pensant, d'accord, mais je sais qu'c'est pas ça, parce que c'est censé passer. Et quand ça passe pas vite ça s'voit que j'suis paumée et lui, il pleure dans mes bras, et moi je pleure toute la journée, et on arrête jamais de pleurer et j'ai mal dans mon coeur et j'avais dit plus jamais ça, PLUS JAMAIS.
Tout ça c'est parc'que j'suis tombée amoureuse d'un mec qui ressemblait pas du tout à mes fantasmes. Moi j'rêvais de dreads ou de crâne rasé, de punk ou de hippie, d'un truc typé et complètement fou, et j'tombe sur un p'tit mec normal sans grande folie à part être lui-même, c'qu'est déjà beaucoup. Mais j'ai continué parce que j'l'aimais, seulement quand j'rencontre des gens qui vibrent, de l'extérieur, de l'intérieur, des mots, ça fait écho en moi et j'ai envie de m'enfuir en hurlant de cette relation et de courir à l'aventure, partout, de trouver cette autre liberté de non attache, de refaire le monde en pleurant, j'ai envie de toutes ces vies dont j'ai fermé les portes en ouvrant celle de mon coeur.
Suffit qu'j'attende que ça passe, et mes regrets avec, pour de nouveau profiter pleinement. Mais j'ai si peur de moi, et donc de l'avenir, parce que ça r'commence toujours, à chaque fois je crois que c'était fini, à chaque fois non. En fait, il aurait jamais du s'éprendre de moi à c'point-là. J'aurais pu l'quitter en l'aimant, parce que j'ai ça dans l'sang, l'instabilité et les conneries, mais j'peux pas le quitter si lui m'aime en plus. Non j'pourrai jamais le voir pleurer une deuxième fois. J'me serais pendue les jours qu'ont suivi ce moment, tellement ça a été violent, tellement j'm'en suis voulue.
J'suis paumée. Une dingue, et une paumée.

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28 novembre 2007

La folle libérée qui s'enchaîne

Faudrait casser, trancher, déchirer, l'image de la sage jeune fille qui transparaît sur ces putains d'photos. J'aurais du être libre et déchaînée, le crâne rasée et la crête bleue, les yeux charbonneux et le regard brillant de défi et de vie. J'aurais du sauter tout c'qui bouge et ne jamais m'attacher, aimer avec passion et jeter comme un chiffon. J'aurais du être folle, folle à en arrêter les études, partir faire du stop, à l'aventure, squatter chez des potes et risquer de mourir à tout bout d'champ. J'aurais du parler crûment mais sans petit accent de fille bien élevée, cracher dans la rue sans m'retourner pour voir s'y a quelqu'un, boire ma bière cul sec et pas à petites goulées, ne pas gerber pour deux gorgées de whisky et ne pas fumer en f'sant un petit bruit bizarre de fille qui sait pas faire. J'aurais du avoir le verbe prenant à l'oral, captiver mon entourage et donner envie de me connaître, de m'suivre dans ma folle vie. J'aurais du être folle pour être libre.
Au lieu de ça j'ai l'air gentille, douce, j'suis aimable et souriante, j'mets même pas tous les jours des jeans déchirés, d'ailleurs avec moi ils se déchirent partout sauf aux bons endroits, les g'noux ou les fesses, à croire que j'suis maudite. J'ai jamais les yeux noirs parce que j'sais pas faire, mes ch'veux seront pas bleus parce que j'garde des enfants qui sont mes cousins et qui sont typés 16ème, alors ça l'ferait pas, et puis j'habite à Versailles et on risquerait d'arrêter de parler à mes parents. Pour la même raison j'aurai jamais le crâne rasé, alors que j'en rêve. J'veux mille choses dans la vie et j'fais semblant que j'peux pas pour me donner bonne conscience. J'fais des études qui mènent à rien, c'est p't'être bien ma seule folie, et encore, j'pourrais écrire aussi, dans mon temps libre, au lieu de glander comme une conne. J'ai pas baisé quelqu'un d'autre que mon copain depuis presque deux ans, moi qu'aurait voulu tester tous les mecs de la terre, moi qui flashe tout l'temps sur tout l'monde et qui fantasme seule dans mon lit. J'suis pas frustrée, mais amoureuse, enfin c'est ce que je crois la plus grande partie d'l'année, parce qu'y a les crises aussi, que j'endure, que je dépasse. J'ai envie de tout envoyer valser trois fois par an, quatre peut-être maintenant, mais ça dure jamais, y a toujours un revirement où j'me dis qu'j'aime ma vie, que j'fais mes choix, qu'tout va bien et qu'ma liberté, c'est moi qu'en choisit la forme.
N'empêche ça r'vient tellement souvent qu'bientôt faudra qu'j'arrête d'avoir envie de gerber d'être partagée entre deux extrêmes, et me dégoûter de toujours remettre la même chose sur l'tapis. J'sais même pas si j'devrai réaliser que si ça r'vient c'est que j'ai pas fait les bons choix, parce que j'en suis pas sûre.
Hier encore j'prétendais qu'j'avais quasiment jamais d'regrets... J'suis une putain d'menteuse avec moi-même.

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