12 décembre 2007

Comme elle vient

Tu traînes tes pieds dans les ruelles, le vent te pousse mais tu t'en fous, t'as ton parapluie rose en bouclier, il se retourne ça t'fait marrer. Tu t'es perdu dans le marais comme un gamin dans un champ d'blé, t'aurais voulu crier mais les gens se s'raient retourné. T'as ton parapluie rose et ce drôle d'air du mec qui sait pas où il va, ni c'qu'il veut. La fille aux chaussures de cow-boy t'as lancé un d'ces regards, tu sais, celui qui dit je voudrais bien être ton amie, mais en moins niais. Mais toi tu t'en fous d'la fille, tu t'en fous de tout. Toi tu voudrais voir du pays et porter une ombrelle multicolore pour t'protéger du soleil, marcher pieds nus dans l'sable et avoir peur de t'faire mordre par un serpent, te cogner la tête contre un nid d'abeille dans un temple birman. Tu voudrais voir les autres mondes, les exotismes, voir qu'y a pas qu'à Paris qu'on trouve des gens vivants, agglutinés, beuglants, riants aussi. Tu voudrais voir le monde, et pourquoi pas à pieds ? Pourquoi pas maintenant, pousser le vent de ton parapluie rose, pousser jusqu'à te frayer un chemin, jusqu'à sortir du vent pour la neige ou le soleil, qu'importe. Partir maintenant toi et ton parapluie, et ton drôle d'air de mec paumé, partir errer dans l'monde entier sans réfléchir et sans prévenir. Juste parce qu'à force de r'pousser le moment où tu vas vivre, il risque de crever. Et toi avec.

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